Le duc de Bourbon et la sorcière de Saint Bonnet : Chapitre I
RJFM.NET, à l’occasion de la fête d’Halloween, vous propose de découvrir un conte destiné à enchanter petits et grands, "le duc de Bourbon et la sorcière de Saint Bonnet". Un épisode à découvrir chaque jour, pour le plaisir de tous...
Il est parfois des légendes qui naissent de la rumeur publique... N’avez-vous jamais entendu parler des terribles sorcières de la forêt de Tronçais ? Notamment de la plus affreuse d’entre elles, Vigourine ? Dotée de pouvoirs maléfiques, et d’une capacité de nuisance telle que tous les habitants avaient peur de se rendre dans la forêt ?
Cette histoire, aujourd’hui, est parvenue jusqu’à nous. Des centaines de Montluçonnais se la racontaient de génération en génération, jusqu’à ce qu’elle tombe dans l’oubli. Nous avons retrouvé la trace de cette incroyable croisade du duc de bourbon, dans un vieux grimoire des archives du Vieux château. Aucun livre d’histoire ne vous la racontera, toutes les preuves permettant de l’authentifier ont disparu...
L’histoire commence par un soir de pleine lune, au XVe siècle. Il est très tard, la nuit est déjà tombée sur la bourgade de Montluçon. Seuls, quelques chevaliers scrutent l’horizon de cette nuit noire, en essayant de voir approcher l’ombre d’un ennemi. La brume est omniprésente, mais, les fidèles serviteurs du duc de bourbon veillent. Le calme de la nuit est pourtant brisé par un cri perçant :
« Monseigneur, Monseigneur... Réveillez-vous ! »
« qui ose troubler le sommeil du duc de Bourbon ? Présentez-vous ! »
« Nul n’est besoin de crier, Monseigneur... C’est moi, le chevalier Luciol. Il vient d’arriver un drame : la fille du compagnon maréchal-ferrant s’est faite enlever ! »
« Par Saint-Pourçain ! Qui a osé faire une chose pareille, mon fidèle Luciol ? »
« Vigourine, l’affreuse sorcière des marécages de l’étang de Saint-Bonnet, Monseigneur. Elle a jeté un sort et l’a transformée en citrouille. Puis, profitant d’un sortilège de lévitation, elle l’a ensorcelé et entraîné de force vers sa bicoque de la forêt de Tronçais... ! »
« que diable ! La plus belle fille du royaume, la belle Jérémine ? Enlevée ? Est-ce possible ? »
Un cri perçant se fit entendre. Comme un chat du peuple que l’on égorge.
« Monseigneur, le Duc de Bourbon consent-il à partir en croisade ? nos hommes sont déjà sur l’esplanade du château, attendant vos ordres, et prêts à vous jurer fidélité jusqu’à la mort. »
« et comment ! Va me chercher l’armurier. Dis-lui de me préparer ma plus belle épée pour régler enfin une bonne fois pour toute son compte à cette sorcière, pleine de vilenie. Et que mon plus beau cheval soit avancé, besoin, nous en aurons, face à tous les sortilèges que nous allons devoir combattre cette nuit. »
« que la volonté du seigneur le duc de bourbon soit faite ! », s’exclama le chevalier Luciol.
Le duc revêtit alors son armure. Il ne ressemblait plus à cet homme, le cheveu grisonnant, et affublé d’une tenue de nuit des plus abaissantes. Il retrouvait toute sa stature, était devenu la sérénité même, celui qui allait affronter la plus immonde des créatures, cette affreuse sorcière Vigourine, qui, par sa soif de sang et par sa haine, avait déjà tué trop de Montluçonnais.
28 familles pleuraient déjà un de leurs membres dans les chaumières. L’enlèvement de la plus belle de toutes les femmes du royaume était l’action disgracieuse de trop. Le duc voyait déjà le peuple s’enflammer et réclamer des comptes dans tout ce qui deviendrait, quelques siècles plus tard, le Vieux Montluçon. Il était temps enfin de prendre les choses en main. Les maléfices n’avaient que trop duré. Le duc prit sa fidèle épée, « Duracuir », la mit dans son fourreau et dit, d’un ton grave :
« partons. N’oublies pas de prendre l’arme des Montluçonnais : elle va nous servir. »
Le duc de bourbon monta sur son cheval, et, suivi d’une horde de chevaliers, quitta l’enceinte du château, dans une nuit noire et ténébreuse, qui n’augurait rien de bon.

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