En direct : 'Hits from Space' de 21h00 à 23h59 avec des tubes
  mercredi 23 mai 2012 - 21h46
RJFM impression RJFM - Montluçon hits radio

Le duc de Bourbon et la sorcière de Saint Bonnet : Dernier épisode

RJFM.NET, à l’occasion de la fête d’Halloween, vous propose de découvrir un conte destiné à enchanter petits et grands, "le duc de Bourbon et la sorcière de Saint Bonnet". Dernier épisode à découvrir aujourd’hui !

(JPG)

(PNG)

(JPG)

CHAPITRE VI : LE COMBAT ULTIME

Le chevalier Luciol et ses hommes enfoncèrent la porte. Ils se retrouvèrent soudain face à une vieille femme, le dos voûté, des rides pleins la figure, un nez crochu, et un petit chapeau de sorcière vissé sur la tête.

-  « Vigourine ! », s’exclama le duc de bourbon. « Enfin !, nous te tenons ! Nous allons te faire payer pour tous les malheurs qui se sont abattus sur notre château, depuis que tu vis dans les parages. Le dieu des bourbons veille sur nous, et va nous donner toute la puissance nécessaire pour te réduire au silence. »
-  « crois-tu ? Que les mortels sont sots ! Penses-tu vraiment avoir, toi et tes hommes, la puissance de me tuer ? Oserais-tu prétendre, ne serait-ce qu’une seule seconde, que tu es en mesure de m’affronter, moi, et mes milliers de sortilèges ? ne perdrais-tu pas la raison, jeune mortel ? »
-  « le tort des effroyables comme toi, Vigourine, c’est de se croire invincible, d’être persuadé de pouvoir toujours mener le mal, faire des horreurs autour de toi, en pensant que ce sera de toute façon en toute impunité... »
-  « ah oui ? Très bien... Je t’aurais prévenu, toi et les tiens »... « Atomcrochuvirtoustruch ! », lança soudainement la sorcière.

Le chevalier Luciol se transforma en crapaud, tout comme, les uns après les autres, les chevaliers qui accompagnaient le duc de bourbon dans sa croisade contre la méchante Vigourine. L’affaire semblait se corser pour les Montluçonnais. Ils s’étaient attendus à des sortilèges, mais ils ne pensaient pas que l’affreuse sorcière dégainerait aussi rapidement.

Transformés en crapauds, les chevaliers ne savaient que faire. Ils étaient là, par terre, et coassaient pendant que l’horrible sorcière ricanait bêtement.

-  « Ma puissance légendaire vient encore de prendre le dessus ! Je suis une déesse, une déesse de la magie bien sûr ! »
-  « Croa, croa, coaaaa, rocoa, cocoa, coa ! », répondit le duc d’un air de défiance.
-  « maintenant que vous allez me laisser tranquille, je vais pouvoir nourrir mes citrouilles, qui ont faim. »

L’affreuse Vigourine sortit alors à l’extérieur, et s’approcha de la pauvre Jérémine, transformée elle aussi en citrouille. La pauvre petite Montluçonnaise allait servir de repas à la horde de citrouille ensorcelée de l’ignoble sorcière.

Restés à l’intérieur, les chevaliers crapauds ne savaient plus que faire. Mais le jeune page se souvint de la phrase prononcée par le duc lors de son départ : il évoquait l’arme des Montluçonnais, et il disait au chevalier Luciol est aux siens de ne surtout pas l’oublier... Le jeune page crapaud se retourna et vit que, l’enchantement prononcé par Vigourine n’avait heureusement pas touché leurs armements, leurs habits, et surtout... Leur gibecière !

C’est cette dernière, qui contenait « l’arme des Montluçonnais » depuis de nombreuses générations. Le jeune page s’en approcha, et tenta de l’ouvrir avec sa bouche de crapaud. Les autres crapauds chevaliers comprirent tout de suite où il voulait en venir, et vinrent à sa rescousse. En quelques secondes, la gibecière fut ouverte et l’arme ultime se tenait devant eux. Le premier à utiliser l’arme ultime fut le jeune page. Instantanément, il se transforma à nouveau en homme. À leur tour, les autres chevaliers, les uns après les autres, s’approchèrent de la gibecière et reprirent immédiatement une apparence humaine.

-  « gardez un peu de notre arme magique pour vaincre cette grognasse ! Nous allons enfin en venir à bout ! », s’exclama le duc de bourbon.
-  « monseigneur, il faut faire vite, c’est horrible, Vigourine va prononcer son incantation ! Et nous ne pourrons rien faire contre le sortilège, une fois qu’il aura été édicté ! »

La horde de chevaliers Bourbonnais s’approcha alors de la porte d’entrée, et, d’un signe, le duc de bourbon donna le signal de l’assaut.
-  « à l’attaque ! », cria le duc, du plus fort qu’il put.

Vigourine tourna la tête, et, d’un air étonné :

-  « mais, diable, comment avez-vous rompu mon sortilège ? peu importe. Vous allez assister à la mort de votre jeune amie. Préparez-vous à voir l’étendue des pouvoirs : ces citrouilles affamées vont la dévorer toute crue. Triste fin, pour la plus jolie fille du pays... »

Les Montluçonnais n’avaient pourtant pas dit leur dernier mot. Et, le jeune page sortit alors de sa gibecière un énorme morceau de pâté aux pommes de terre. Le pâté se mit à briller dans la nuit noire. Le vent se leva, une brume énorme investit alors les marécages. La lueur du pâté devenant de plus en plus intense. Et soudain, un jet de lumière se répandit à des kilomètres aux alentours, laissant aveugles pour un instant les chevaliers Montluçonnais.

Vigourine se cabra, et ressenti immédiatement toute la puissance des dieux du Bourbonnais. La souffrance, autant que l’incompréhension se lisait sur son visage. Elle souffrait. Terriblement. Atrocement. Et malgré tout les contre sorts qu’elle essayait vainement de lancer, elle ne pouvait rien contre la puissance du pâté aux pommes de terre.

Dans le même temps, les citrouilles volantes aux yeux injectés de sang commençaient à retomber par terre, inertes. Et, ce fut peut-être le moment le plus magique, la belle Jérémine reprenait ses formes avantageuses.

La souffrance de Vigourine ne faisait qu’empirer. Et déjà, ses membres ne répondaient plus à ses ordres. Dans un dernier souffle, elle tenta une incantation, mais le pâté aux pommes de terre et sa lueur magique eurent raison de ses derniers sursauts de conscience.

Un nouveau jet de lumière aveugla tous les chevaliers. Puis, le morceau de pâté aux pommes de terre magique s’arrêta de briller et retomba sur le sol, inerte. Vigourine avait totalement disparu, et alors que le soleil se levait, ils ne reconnurent pas le paysage autour d’eux : les horribles ronces s’étaient transformées en fleur de lys, les fougères en ravissants sapins et, les marécages, en un étang. Un superbe étang qui s’étendait sur plusieurs kilomètres.

La belle Jérémine se leva, et, voyant le duc et ses hommes venus à sa rescousse, elle se mit à pleurer.

-  « merci, merci à tous, pour être venu me secourir ! J’ai vu des choses horribles, la mort est passée tout près de moi, jamais je n’oublierai ce moment, je suis en vie, en vie ! »
-  « petite, si tu veux remercier quelqu’un, dit le duc de bourbon plein de sagesse, je crois que l’un d’entre nous mérite plus que les autres des remerciements. Il s’agit de ce jeune page, nommé Marjolin, qui, à deux reprises, a fait preuve d’un courage sans nom, et nous a donné bien des solutions pour réussir cette quête difficile... »

La belle Jérémine regarda alors le jeune page, qui, tout penaud, s’avançait vers elle, en tremblant. Elle reconnut soudain, sur son armure, le dessin d’une fleur bleue très particulière, que l’on ne trouvait qu’en un endroit très précis du Bourbonnais.

-  « mais... Cette fleur bleue... Je la connais... Serait-ce-toi, qui m’envoie depuis de nombreux mois des bouquets de cette fleur si particulière, en cachette ? »

Le jeune page vit plein d’images passer dans sa tête, sans que sa bouche ne puis émettre le moindre son. Son coeur battait la chamade, et il aurait préféré être partout ailleurs qu’en ce moment difficile. Il baraguina cependant quelques mots, mais c’était les seuls que la jeune fille avait envie d’entendre :
-  « Je... Je... Je t’aime... »

Jérémine se jeta dans les bras de son Marjolin et l’embrassa généreusement, répétant inlassablement :
-  « moi aussi, moi aussi, moi aussi... »

Évidemment, vous dire la vérité va vous sembler difficile à croire, tant de nombreux contes, aujourd’hui, se terminent de telle façon. Mais le Montluçonnais, comme l’histoire nous l’a prouvé, dit toujours la vérité. Aussi, au risque de guère vous surprendre ; au risque de passer pour un auteur peu original ; au risque de ne jamais, à nouveau, vous conter une histoire comme celle-ci... Bref, au risque de vous dire ce que déjà, vous avez imaginé : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants...

Fin.

Lundi 31 octobre 2005. © Octobre 2005 - D. Prod LTD
Reproduction interdite - tous droits réservés.
Contacter l’auteur : halloween2005@rjfm.net

(JPG)

(PNG)

(JPG)

Ecouter